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W. Pfeifer: “Le Basket suisse mérite une vraie politique sportive”

Suite à l’annonce exclusive du Cinq Majeur de la candidature de Wilhelm Pfeifer à la Présidence de Swiss Basketball, place désormais à la présentation du programme du Directeur général de Pro-Basket.

Au cours des prochains jours, nous aurons la chance de vous présenter les programmes respectifs du Président sortant, Giancarlo Sergi et de son opposant à la Présidence.

Place donc au projet défendu par Wilhelm Pfeifer sur lequel nous avons pu échanger pendant de longues minutes…

Le candidat Pfeifer s’est confié longuement & sans taboos au Cinq Majeur (© Luzerner Zeitung)

 

Le Cinq Majeur: “M. Pfeifer, lors de notre précédente interview, vous évoquiez 3 maîtres mots dans votre candidature: Transparence, Leadership & Restructuration. Vous avez émis notamment de vives critiques sur l’opacité et le manque de transparence entourant la Présidence de Giancarlo Sergi.

Qu’apporteriez-vous de différent sur ces thématiques là si vous êtes élu Président de Swiss Basketball ?”


Wilhelm Pfeifer: “Cela peut paraître simple mais je souhaite avant tout instaurer une véritable transparence dans mon action symbolisée par une éthique irréprochable.

Nous venons de subir 8 années de présidence de M. Sergi marquées par de nombreux “scandales” qui ont tous été étouffés par l’équipe dirigeante actuelle: j’évoquais la question de la rémunération de ce dernier lors de notre précédent article et de ses commissionnements sur les contrats de sponsoring de la fédération, ce qui me semble totalement scandaleux, mais nous pouvons aussi parler du conflit d’intérêt majeur entourant le choix de l’école partenaire du CNBS dans laquelle travaille la femme de notre Président. Quid de l’appel d’offre réalisé pour ce projet pharaonique ?

Nous pouvons aussi évoquer le fiasco retentissant du partenariat avec les espagnols de NBN 23 pour la numérisation de la fédération qui suscite énormément de questions…

Or, à chaque interrogation sur ces thèmes, notre Président esquive la chose et ce même devant des délégués de Swiss Basketball et c’est bien là un des principaux changements que je souhaite opérer.

Ramener une transparence dans l’ensemble de mon action envers les membres de la Fédération et mettre fin à ces commissionnements honteux digne d’un apporteur d’affaires. De cette position de Président incombe une énorme responsabilité et j’entends ramener une véritable éthique dans le fonctionnement de l’équipe dirigeante.”


LCM: “Face à ces critiques, vous pointez du doigt également le fonctionnement interne de la fédération avec une restructuration et une nécessaire distinction entre la gestion opérationnelle et la gestion stratégique. Pouvez-vous nous en dire sur ce que vous souhaitez mettre en place concrètement ? “


WP: “Il faut aujourd’hui repenser et améliorer énormément de choses dans le fonctionnement de Swiss Basketball. Actuellement le budget de la Fédération est au délà des 6 Millions de franc et nous nous devons de faire beaucoup mieux avec les moyens à disposition.

En commençant par exemple par la présence de personnes compétentes aux postes clés. Mais ce qui me choque le plus, ce sont la gestion de dossiers majeurs avancés par nos dirigeants actuels tels que l’organisation de l’EuroBasket 2025 qui ne fut qu’une vulgaire chimère pour amadouer les foules ou encore le partenariat avec NBN 23.

Encore une fois, l’incompétence que je mentionnais s’est révélé au grand jour avec un retard de plusieurs années sur la digitalisation annoncée par l’équipe en place.

Présenté comme un projet qui révolutionnerait la vie de la fédération et qui serait sans coût pour Swiss Basketball, le partenariat avec NBN 23 est le parfait exemple de la restructuration que nous devons opéré.

Je n’ai rien personnellement contre le responsable des compétitions de Swiss Basketball qui était en charge du projet mais aujourd’hui, le constat est criant. À s’occuper d’une tâche qui ne rentre pas dans le cadre de ses compétences, ce dernier ne peut pleinement s’atteler à sa mission principale, soit le développement des compétitions nationales.

Au final, ce projet a d’ores et déjà couté plus de 60’000.- CHF à la fédération sans compter les questions qui pèsent sur l’utilisation des données faites par le prestataire espagnol. Autant d’années de retard dans la réalisation de ce projet doivent légitimement nous amener à nous poser des questions sur le fonctionnement interne de SWB et c’est dans ce sens que je souhaite opérer une restructuration et une meilleure gestion entre la partie stratégique et la partie opérationnelle afin de ne plus revivre ces couacs à répétition.

Il faut garder les meilleurs éléments, ceux qui ont une passion débordante pour ce sport afin de le faire avancer dans la bonne direction. Ainsi, toute personne prête à travailler avec moi selon les principes susmentionnés sera la bienvenue dans mon équipe et en cas de postes vacants, ces derniers seront pourvus dans le cadre d'une recherche poussée afin de garantir le professionnalisme & la compétence des employés de Swiss Basketball. ”


LCM : “Dans cette volonté de mieux restructurer les actions de la Fédération, vous évoquez dans votre programme la volonté de rendre plus efficace l’action du Centre National du Basketball Suisse.

Dans ce sens, beaucoup de rumeurs font état de votre volonté de le fermer ou de le délocaliser en Suisse alémanique au sein des installations d’OYM. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ? “


WP: “Je me doute bien d’où ces rumeurs ont pu partir mais il s’agit bel et bien de mensonges.

En aucun cas, je souhaite remettre en question l’existence du CNBS qui est un superbe projet sur le papier, mais sur le papier seulement…

Je suis beaucoup plus critique sur la manière dont nous avons créer ce centre de toute pièce en quelques mois seulement ! Prenez l’exemple de l’ASF qui réfléchit à une structure similaire mais qui a annoncé publiquement que le premier objectif était d’étudier la faisabilité du projet à l’inverse de ce que nous avons fait.

Je ne reviendrai pas sur les questions autour de l’appel d’offre réalisé pour le choix de l’école partenaire ou encore du budget largement revu à la baisse mais bel et bien du caractère national de ce centre.

C’est assez incroyable actuellement que malgré le choix douteux d’une école privée, nous ne puissions accueillir des jeunes joueurs qui ne parlerait pas anglais ou français. Le CNBS pour moi s’apparente plus à l’heure actuelle à un centre régional romand compte tenu de l’exclusion des talents tessinois & germanophones.

Concernant les installations d’OYM, je suis pour un rapprochement avec ce centre unique en Suisse avec des installations de pointe que ne dispose pas le CNBS par exemple et à l’instar de ce que réalise la fédération de handball.

Je serai pour sonder dans un premier temps les membres de Swiss Basketball quant à la possibilité et faisabilité de la création d’un centre Régional avec un label délivré par la fédération. Cela permettrait selon moi de développer le basketball en suisse alémanique dans des installations de tout premier ordre car il faut tenir compte de la spécificité de notre pays et de nos régions.

Nous pourrions très bien envisager dans le futur de faire du CNBS un véritable centre national capable d’accueillir n’importe quel talent de Suisse sans restriction linguistique ou alors l’orienter vers un centre régional romand. Mais en aucun cas, je ne souhaite fermer ou délocaliser le CNBS comme j’ai pu l’entendre, c’est absolument ridicule.

Quoi qu’il en soit, ces discussions se doivent d’être prises en commun accord avec les membres de Swiss Basketball afin de ne pas revivre les aberrations qu’on a connu ces derniers mois et ce choix assumé de privilégier le centre masculin au profit du centre féminin qui verra le jour l’année prochaine.”


LCM : “Justement, concernant ce choix, vous évoquez dans votre programme la nécessaire réflexion à mener autour du basket féminin. Quel constat portez-vous sur ce dernier et que proposez-vous pour y faire face ?”


WP : “ Le basket féminin en Suisse est à l’agonie et je n’ai pas peur d’utiliser ces termes. La réussite d’Elfic Fribourg ne doit pas cacher la traversée du désert que nous vivons.

À ce titre, je tiens à féliciter Le Cinq Majeur pour la couverture que vous avez offert pendant les playoffs et les Finales de SBL Women et heureusement que vous étiez là pour offrir de l’exposition à nos filles.

Le manque d’intérêt de SWB pour le championnat féminin élite de notre pays est honteux et il suffisait de jeter un coup d’œil aux réseaux sociaux de Swiss Basketball pour comprendre où se situent les priorités de nos dirigeants.

Il faut faire plus pour promouvoir le basket féminin en instaurant un plan à long terme en réunissant tous les acteurs du basket suisse autour d’une table afin d’identifier les manques actuels.

Dans ce sens, il faut investir et mettre l’accent sur la formation féminine comme un des axes majeurs des quatre années à venir.

Pour ce faire, nous devons également nous entourer d’anciennes joueuses qui ont connu l’ensemble de ces problématiques sur le terrain à l’instar de Bettina Müller, qui m’accompagnerait dans cette tâche si je suis élu Président. Il nous faut des référents qui soient capables d’endosser cette ambition afin de développer le basket féminin en Suisse.

La fusion des équipes U18 & U20 est le symbole parfait du manque de relève dans nos équipes nationales et si nous ne voulons pas voir notre basket féminin décrocher au niveau européen, il faut agir et vite !

Il faut ensuite se donner les moyens de nos ambitions pour promouvoir le basket féminin à travers des actions fortes telles qu‘un “Girl Day” annuel dans chaque club helvète pour attirer de nouvelles pratiquantes mais aussi en innovant avec des projets ambitieux tels qu’un All Star Game par exemple pour offrir une véritable vitrine à notre championnat élite.

L’écart séparant le traitement médiatique entre la SBL & la SBL Women est indigne et nous devons cesser cette préférence assumée par nos dirigeants. Comment peut-on cette année retrouver des highlights et des résumés vidéos du CNBS fraîchement crée sur les réseaux sociaux de la Fédération alors que rien n’est fait pour le championnat féminin élite ?

Il faut que cela change et je m’engage à ce que le développement du basket féminin soit un des principaux axes de mon programme si je suis élu Président. ”


LCM : “Une fois la problématique centrale du basket féminin abordée, nous voudrions traiter l‘épineuse question de la règle du 3+1 qui fait tant débat en Suisse. Quelle est votre position sur cette question ?


WP: “Tout d’abord, j’ai entendu beaucoup de choses à ce titre sur d’éventuelles positions que j’aurais faisant part d’un souhait de réduire le nombre de joueurs étrangers à 3 dès mon arrivée.

A l’inverse de ce que pourrait faire M. Sergi par exemple, jamais je ne prendrai une mesure aussi drastique sans sonder l’ensemble des clubs afin d’obtenir un consensus sur la question.

Personnellement, je ne suis pas fan de cette règle du ”+1” qui discrimine pour moi un joueur étranger par rapport aux autres membres de l’effectif d’un club. Néanmoins je reconnais ce qu’a pu apporter cette règle afin d’offrir des opportunités de jeu à nos jeunes talents suisses.

Ainsi, il faudrait selon moi étudier l’idée de supprimer ce ”+1” et ensuite se positionner sur un nombre d’étrangers, qu’il soit de 3 ou de 4.

Quoi qu’il en soit, il faut bien comprendre la corrélation majeure qui existe entre le nombre de joueurs étrangers d’une part et la qualité de la formation de nos jeunes talents et qui évoluent à leur côté d’autre part.

Une piste à étudier pourrait être celle d’enfin imposer un cahier des charges à l’ensemble des clubs de SBL sur des questions de formation. Pourquoi ne pas conditionner un 4ème renfort étranger au respect de ces conditions pour assurer que la formation des jeunes dans le club en question soit respectée ?

Nous devons impliquer les clubs d’élite dans le processus de formation au délà de ce que nous connaissons actuellement.

Pour beaucoup de clubs, l’unique priorité reste la compétitivité de leur équipe fanion et il faut remédier à cela en obligeant les clubs de SBL par exemple à se doter d’infrastructures permettant d’assurer un véritable travail de formation.

Juxtaposer ce cahier des charges au nombre d’étrangers pourrait être une option envisageable et qui aurait un double effet : améliorer la compétitivité de nos championnats élites avec plus de renforts étrangers tout en garantissant une plus grande qualité dans la formation de nos jeunes talents suisses.

Néanmoins, cette question du “3+1” se doit d’être revue et discutée avec l’ensemble des clubs pour permettre à nos championnats d’avancer dans la bonne direction.


LCM : “Vous évoquer la question de la formation en Suisse: quel bilan dressez-vous de la politique sportive menée depuis 8 ans & que comptez-vous mettre en place dans ce sens ? “


WP : “Malheureusement, j’aurais aimé vous dire que le bilan sportif de l’action du Président Sergi fut une réussite mais c’est tout sauf le cas. Depuis 8 ans, la Suisse n’a eu cesse de chuter sur la scène européenne en termes de résultats: rendez-vous compte, nous nous battons actuellement contre des pays comme l’Irlande ou bien le Luxembourg avec tout le respect que j’ai pour ces nations.

Cela vient mettre en avant le manque total de politique sportive de la fédération: au lieu de se consacrer à l’organisation coûteuse de grands évènements et qui sont une réussite certes, nous devrions mettre l’accent sur la stratégie autour de nos équipes nationales jeunes par exemple. Pourquoi ne pas imiter certains de nos voisins européens avec des staffs techniques qui accompagneraient une génération dès les catégorie U16 jusqu‘au U20 ? Ou alors instaurer une continuité dans la nomination des staffs en question ?

Dès 6 techniciens présents l’été dernier, seul Gianluca Barilari est encore en fonction et ce, car il s’agit d’un salarié de la fédération. Nous devons donner des véritables moyens à nos équipes nationales avec de plus grandes périodes de préparation pour arriver dans les meilleures conditions possibles sur les grandes échéances.

Trouve-t-on normal que l’équipe nationale féminine sénior soit quasiment un an sans compétition ou camp d’entraînement alors que l’objectif de participer à un EuroBasket est annoncé fièrement par nos dirigeants ?

Mais l’échec de la politique sportive de M. Sergi ne s’arrête pas qu’aux équipes nationales: le mal est plus profond selon moi avec un système à bout de souffle au niveau de la formation des coachs et un manque cruel de coopération avec les Associations régionales.

Au final, le bilan est affligeant: nos championnats élites n’ont jamais été aussi faibles, le basket féminin est à la dérive, les résultats des équipes nationales jeunes n’ont jamais été aussi mauvais & la formation de nos talents régresse poussant nos jeunes à s’expatrier de plus en plus tôt.

Malheureusement, on vous répondra dans les bureaux de SWB que les finances n’ont jamais été aussi bonnes et que nous sommes capables d’organiser de beaux événements… La forme prend le pas sur le fond et c’est là toute la problématique selon moi. Le basketball suisse (masculin et féminin ) mérite une véritable politique sportive et c’est ce que je souhaite proposer à travers ma candidature.”



LCM : “Pour terminer, vous expliquez dans votre programme que le hashtag #WeAreSwissBasketball doit être vécu en impliquant l’ensemble des associations régionales de Suisse dans l’organisation des grands évènements de basketball. Qu’entendez-vous par cela ? “


WP: “En tant que Directeur Général de Pro-Basket, je ne peux que constater que le cœur du basket suisse est et restera la Romandie. Il faut néanmoins être capable de s’inspirer de la réussite du basket romand pour développer les régions alémaniques et tessinoises.

Comment expliquer le retard du basket alémanique alors que Pro-Basket est l’association régionale comptant le plus de licenciés en Suisse ? Comment donner envie aux jeunes enfants de s’inscrire dans un club de basket plutôt que dans un club de hockey ou de foot ?

Le dernier grand évènement de basket organisé en Suisse alémanique fut les finales de PB Swiss Cup en 2016 à Zurich devant + de 3000 personnes. Trouvons-nous cela normal de ne pas offrir à nos concitoyens vivants dans ces régions l’opportunité d’assister à du basketball de haut niveau ?

Pour remédier à cela, je souhaite donc donner vie au célèbre hashtag utilisé par la fédération à travers une rotation des évènements phares organisés par Swiss Basketball.

Ainsi, je propose de sonder et responsabiliser les différentes associations régionales afin d‘instaurer une programmation définie en amont des lieux où se dérouleront les compétitions.

Ne pourrait-on pas accueillir des matchs de la Nati à Zurich ou à Lugano et faire rêver les jeunes suisses comme ce fut le cas à Montreux lors du fameux match face à l’Islande ? Ne pourrait-on pas envisager un Final Four de SBL Cup dans une autre ville que Montreux ? Ou une finale de Patrick Baumann Swiss Cup dans le Tessin ? Ces événements majeurs sont une vitrine incroyable qui pourrait redonner un élan au basketball dans ces régions où règnent le football & le hockey et qui ne peuvent rester la propriété exclusive de la Suisse romande.

La Romandie sera toujours le coeur de notre basketball national avec ses places fortes comme Fribourg ou Genève mais il serait temps également d’utiliser les outils de promotion à disposition de la fédération pour développer le basketball sur l’ensemble du territoire et c’est une promesse de campagne qui me tient particulièrement à cœur.”

 

Dans le cadre de la couverture de cette campagne présidentielle, Le Cinq Majeur a donné l’opportunité au président sortant, Giancarlo Sergi, de répondre aux critiques émises par son opposant et de défendre le bilan de son action. Ce dernier s’est engagé à nous répondre et par conséquent, nous offrirons la même tribune à M. Sergi pour venir présenter le projet qui est le sien pour ce qui constituerait son 3ème mandat à la tête de Swiss Basketball.

De plus, nous publierons en fin se semaine une interview croisée des deux candidats autour d’un questionnaire émanant des interrogations des acteurs du basketball suisse. Restez donc connectés pour la suite de cette campagne qui se terminera ce samedi 11 Juin avec l’Assemblée Générale de Swiss Basketball et l’élection du Président pour les quatres prochaines années.




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