Championnat d’Europe U20 : la salade de regrets finlandaise
- David Pinto
- 17 juil. 2022
- 6 min de lecture
Les joueurs de Gianluca Barilari sont officiellement rentrés dans le Championnat d’Europe, Division B, qui se déroule actuellement du côté de Tbilissi en Géorgie. Alignée dans le Groupe D de la compétition en compagnie de l’intouchable Serbie, la Finlande, l’Albanie & la Slovaquie, la Nati se doit de viser une des deux premières places pour tenter d’accrocher les 1/4 de finales du tournoi.
Après une victoire facile face à une faible équipe d’Albanie, la Suisse jouait gros lors de son affrontement face à la Finlande ce samedi. Malheureusement, la défaite concédée après une fin de match galvaudée oblige les jeunes suisses à un exploit retentissant face à la Serbie pour poursuivre leur marche en avant dans la compétition.
Retour sur le début de nos U20 du côté de Tbilissi…

UN RODAGE FACE À L’ALBANIE
Pour son entrée en lice face à la modeste formation d’Albanie, les joueurs de Barilari se devaient de remporter la rencontre avec le plus grand écart possible avec la différence de points en ligne de mire dans une optique de qualification.
Avec un Cinq Majeur très physique autour de l’axe Darani, Kozic & Niederhauser, la Suisse rentrait très bien dans la rencontre bien aidée par l’omniprésence de Yanik Niederhauser des deux côtés du terrain. L’intérieur qui évoluait en Allemagne cette saison était au four et au moulin avec 6 Points & son lots de contres et de rebonds dans la peinture. A ses côtés, Petar Kozic montrait l’étendue de son talent offensif permettant ainsi à la Nati de prendre rapidement la mesure d’une faible équipe d’Albanie qui avait toutes les peines du monde à inscrire le moindre panier.
+ 9 à l’issue du 1er QT: le match semblait tranquillement filer vers une victoire facile de nos jeunes suisses mais c’était sans compter sur la réaction d’orgueil des albanais, bien aidé il faut le dire par les innombrables pertes de balle offertes sur un plateau par les joueurs suisses.
Le duo phare qui évolue ensemble en club du côté de Kamza, Hajdari-Lluka, permettait aux albanais de relancer la rencontre face à une équipe de Suisse qui arrosait le parquet du Palace Olympique de Tbilissi avec un déchet incroyable longue distance, bien compensé cependant par sa domination à l’intérieur.
A l’issue des 20 premières minutes, les deux équipes rentraient au vestiaire avec un écart réduit à 7 petits points. Après la pause, la Nati revenait sur le terrain avec d’autres intentions et un ballon qui tournait beaucoup plus en attaque. La marque se répartissait agréablement entre le Cinq Majeur qui aura à coup sûr donné gage de satisfaction à coach Barilari.
Néanmoins, on voyait déjà arriver certaines lacunes qui allaient s’avérer rédhibitoire face à la Finlande quant à la faiblesse du banc de l’équipe Suisse. Derrière Matasic & Tefy, Barilari peinait à trouver des solutions pouvant faire souffler son Cinq Majeur établi et capable de pouvoir briller sur les rencontres à venir face à la Finlande & la Serbie.
Quoi qu’il en soit, la Nati reprenait sa marche en avant dans le troisième QT bien aidé là aussi par le festival de turnovers des albanais qui permettait à la jeune garde helvète de se régaler en transition.
Le dernier QT fut une formalité pour la Suisse, qui fort de sa dizaine de points d’écart, ne permettait à aucun moment à son adversaire de croire à un hypothétique retour.
Petar Kozic continuait son show offensif pour terminer la rencontre à 22 Points au total, bien servi par le festival de caviars distribués par le meneur montheysan, Malyk Rebetez.
L’écart gonflera petit à petit pour atteindre les 17 points du score final. 67-50 en faveur de la Suisse qui a ainsi démarré le tournoi de la meilleure des manières mais sans grands motifs de satisfaction non-plus avant d’affronter la sélection finlandaise contre laquelle pourrait se jouer la qualification derrière une équipe de Serbie archi-favorite de son groupe.
LA SALADE DE REGRETS FINLANDAISE

24 heures après son entrée en lice, la Suisse remettait le couvercle dans un match qui s’annonçait capital face à la Finlande. Gianluca Barilari ne changeait pas une équipe qui gagne avec un Cinq de départ identique à celui de la veille.
Et le début de rencontre était gage d’espoir pour le technicien suisse qui voyait ses joueurs réaliser une 1ère mi-temps de très belle facture avec une zone 2-3 qui mettait à mal l‘attaque finlandaise qui dégainait à foison du parking sans réussite.
L’attaque suisse, toujours aussi encrée à l’intérieur, faisait briller notamment un Petar Kozic en verve offensivement et qui permettait aux siens de prendre le lead à l’issue du 1er QT. 17-14 en faveur de la Suisse.
Le deuxième acte bien qu’à l’avantage des finlandais était extrêmement disputé avec des équipes qui se rendaient coup sur coup. La Finlande continuait à se casser les dents sur la zone installée par Barilari mais revenait petit à petit au score grâce à l’apport de sa 2nd Unit, symbolisé par les très belles minutes de Koivunen sur la ligne arrière.
A l’inverse, coach Barilari raccourcissait sa rotation devant le faible impact de ses joueurs de banc, nous laissant craindre le pire pour la fin de match. La Suisse dominait alors avec autorité la bataille du rebond comme en témoigne la flopée de rebonds offensifs grattés par Jamal George (5 sur ces 11 totaux).
Malgré un regain finlandais en fin de mi-temps, le score était ultra serré à la pause : 30-29 en faveur de la Finlande.
Au retour des vestiaires, le mano-à-mano entre les deux formations se poursuivait avec certains ajustements notamment de la part de la Suisse qui revenait à une défense individuelle plus classique. Sur le parquet de Tbilissi, les deux meneurs de jeu de chaque équipe, Mervola & Rebetez, se livraient alors un superbe duel sur le terrain avec un certain avantage toutefois pour le finlandais qui prenait beaucoup plus soin du ballon à l’inverse de son adversaire du jour. Néanmoins, la Suisse restait au contact des finlandais avec une agressivité de tous les instants qui nous réjouissait derrière nos écrans. +2 Finlande à l’aube du dernier acte, on allait donc avoir dix dernières minutes décisives pour prendre une belle option sur un potentiel 1/4 de finale.
LA COUPURE DE COURANT À TBILISSI
Et que dire de l’entame de nos jeunes suisses qui semblaient branchés sur 220 Volts : l’intensité défensive grimpait d’un ton et les paniers en pénétration de Jamal George & Ryan Muhr ne venaient que renforcer ce fighting spirit palpable sur le terrain. Les rebonds offensifs tombaient inlassablement dans les mains helvètes et le secteur intérieur de la Nati poussait la Finlande encore et encore à la faute, les amenant dans le bonus durant plus de la moitié du dernier quart.
La Suisse prenait alors l’avantage au score avec 5 minutes à jouer et un momentum qui paraissait nous sourire, la victoire semblait ainsi à portée de fusil pour nos jeunes suisses qui se sont malheureusement écroulés dans le money-time.
Malgré une fébrilité apparente de la part des finlandais, la Suisse galvaudait un nombre incroyable de possessions en transition avec un déchet SCAN-DA-LEUX au niveau des pertes de balle: avec 25 turnovers au total, il était presque impossible d‘espérer quoi que ce soit dans un match de cette importance.
Ainsi, dans les 5 dernières minutes, la Nati allait commettre 7 pertes de balles sur les 9 concédées dans le 4ème QT. La Finlande n’en demandait pas tant pour appuyer là où ça fait mal et fort de son momentum de fin de rencontre, les tirs longue-distance rentraient enfin pour les nordiques.
La Suisse concédait un terrible partiel de 20-2 avec une équipe qui perdit totalement le fil de la rencontre, pris de panique dans la précipitation. On ne peut que regretter l’absence de réaction de Gianluca Barilari, apathique sur son banc & qui prenait un temps-mort bien trop tardif à 2’30 de la fin du match.
Le mal était déjà fait et la dynamique de la rencontre déjà en faveur des finlandais.
Score final : 71-55 en faveur de la Finlande qui prend une option sur une qualification en 1/4 de finale et qui vient servir une nouvelle salade de regrets à nos jeunes suisses qui méritaient mieux sur l’ensemble de la rencontre.
Cependant, l’absence de rotations en sortie de banc, le déchet constant en terme de turnovers (22 la veille & 24 face à la Finlande) & surtout, la gestion catastrophique du money-time auront coûté cher à la Suisse qui va devoir reprendre ses esprits avant d’aborder la montagne serbe lors de la prochaine rencontre.
Le constat est clair désormais: réaliser un exploit retentissant face aux leaders du groupe pour espérer entrevoir les 1/4 de finales ou bien espérer un faux-pas des finlandais face aux Slovaques par exemple.
Le cas contraire, ce seront des matchs de classement qui attendront les joueurs de Barilari qui avaient la place de faire beaucoup mieux dans ce Championnat d’Europe, division B.
Espérons que ces derniers sauront profiter de ces jours de repos qui les attendent pour recharger les batteries et travailler sur les lacunes affichées jusque-là.
RDV donc mardi à mi-journée pour le duel face à la Serbie avant d’enchaîner le lendemain contre la Slovaquie.
Bonne chance messieurs, il faut y croire jusqu’au bout !
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