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Coupe du Monde 3x3 U18 : le récit d’un fiasco annoncé

Ce Mardi 24 Août débutait la FIBA World Cup de 3x3 des moins de 18 ans qui se déroule actuellement à Debrecen et ce jusqu’au 29 Août prochain.

L’équipe nationale suisse féminine représentait donc notre pays dans cette Coupe du Monde alignée dans un groupe D en compagnie de l’Estonie et de la Hongrie (la France a du faire forfait pour raisons sanitaires).

Malheureusement, le parcours de nos jeunes suissesses fut plus que bref en terres hongroises avec une élimination expresse suite à leurs deux lourdes défaites qui interrogent sur les conditions mises en oeuvre pour les voir réussir dans cet événement majeur du basket 3x3.

Le Cinq Majeur vous livre le récit d’une débâcle suisse somme toute prévisible au vue des conditions dont Amélie De Preux, Maurane Verly, Indira Vilolo Dos Santos & Océane Nallbani ont du faire face sur ces derniers jours.

L’équipe nationale suisse U18 de 3x3 (© : FIBA)

Un naufrage programmé


La planète Swiss Basket a connu un été 2021 plus que sombre en terme de résultats comme nous le narrions il y a quelques jours de cela mais en grand optimistes que nous sommes, on espérait que le vent allait tourner pour notre équipe féminine U18 qualifiée pour la reine des compétitions qui surfe actuellement sur la vague générée par les Jeux de Tokyo et l’intronisation du 3x3 comme discipline olympique.

Cependant, la réalité de notre basketball suisse allait rattraper notre équipe nationale avec une fâcheuse élimination imputable à nos joueuses, certes, mais surtout et essentiellement, selon nous, aux dirigeants de la fédération qui ont d’une certaine manière « envoyer les joueuses à l’abattoir » avec une préparation indigne de notre standing.


Le hasard des blessures


Pour commencer, la malchance souriait déjà à notre équipe nationale lorsque qu’on fait un état des lieux des joueuses absentes sur ce rassemblement.

Lin Schwarz & Malia Mpondo (blessures) ainsi que Stéphanie Martinez (reprise de l’entraînement en Espagne) répondaient absentes à l’appel et voilà la Suisse qui perdait là trois joueuses majeures obligeant à un réajustement de l’effectif.

Nous pouvons clairement déplorer la non-venue des joueuses citées mais cela ne devait en rien entraver l’ambition de la Suisse de faire bonne figure dans cette Coupe du Monde. Une fois les absences évoquées, il était dans le devoir des responsables helvètes de tout mettre en œuvre pour assurer la compétitivité de l’équipe à Debrecen. En commençant par le staff technique qui allait préparer, entraîner et suivre notre jeune garde.

Et c’est bien là que le bât blesse...


Un novice dans la matière


Devant l’ampleur de l’évènement que s’apprêtait à disputer l’équipe suisse, on espérait dans les couloirs du Cinq Majeur voir un effectif 5 étoiles pour prêter main forte à nos jeunes joueuses.

Il n’en fut rien puisque la question de la nomination du coach de l’équipe U18 a été un dossier complètement raté et ce sur toutes les grandes lignes.

En effet, selon nos informations (League Sources), à la mi-aôut, aucun nom n’était officiellement retenu pour prendre le poste.

Certains revenaient avec plus d’insistance tels que Domenico Marcario, Caroline Turin ou encore Besserat Temelso et figuraient dans les petits papiers de SWB mais tous, pour des raisons diverses, n’ont pu se rendre disponibles pour la tâche.

Dès lors, il fallait opérer un choix de dernière minute à moins de 2 semaines du début de la compétition et c’est donc Ervin Cogo, joueur macédonien de 3x3 et membre de la Team Lausanne qui était choisi sur le tard pour endosser le rôle à la toute dernière minute.

Malgré les qualités certaines d’Ervin dans le domaine du 3x3, nous ne pouvons que constater la présence d’un novice en la matière face aux multitudes de possibilités qui s’offraient à Swiss Basket et surtout le timing aussi resserré ne laissant rien augurer de bon.


Une préparation tronquée


Car une fois la question de la nomination du coach pour le tournoi mise de côté, on pouvait se remettre à espérer, toujours aussi optimistes que nous sommes, avec une préparation béton pour cette compétition afin de pallier à tous les aléas évoqués précédemment.

Mais comme vous avez pu le constater, en étant nommé aussi tardivement, le néo-coach Ervin Cogo n’avait pas de longues semaines devant lui pour préparer au mieux ses troupes.

Pire, selon nos informations (League Sources), l’équipe nationale suisse n’aurait réalisé qu’un seul entraînement en commun avant de s’envoler pour la Hongrie.

Et même si ce chiffre s’élève à deux voir trois, il est totalement inconcevable en 2021 d’envoyer une équipe nationale à une compétition aussi importante et prestigieuse qu’une Coupe du Monde avec aussi peu de préparation et d’entraînement.

Cerise sur le gâteau, nous apprenions dans la foulée que les joueuses étaient arrivées sur place en fin de journée, ce lundi 23 Août... soit moins de 24 heures avant le début de la compétition.


Un amateurisme affiché


Notre optimisme en prenait un coup mais nous espérions quand même que la réalité du terrain allait permettre à nos joueuses d’aller chercher l’impossible et ainsi défendre vaillamment nos couleurs sur cette scène internationale.

Pas de chance pour nous, la Suisse frôla le ridicule sur les deux rencontres disputées, que ce soit sur et aussi en dehors du terrain.

Entre les lignes du parquet, la Nati subissait deux terribles revers face à l’Estonie pour sa rencontre inaugurale (17-4) avec un semblant de mieux par la suite sur le deuxième match face à la Hongrie (21-11).

La cohésion d’équipe était totalement absente des débats avec des manquements terribles en défense, surtout sur Pick & Roll.

Il ne fallait donc pas être un grand expert de la discipline pour constater que nos joueuses avaient l’air perdues sur le terrain et que les carottes allaient très, très vite être cuites.

Résultats de la 1ère journée de cette Coupe du Monde (©: FIBA)

Hors du parquet, notre délégation faisait également un peu (voire énormément) « tâche », excusez-moi l’expression, face à celles des autres nations présentes. Quand nous pouvions apercevoir 4 voir 5 membres pour certaines équipes, notre équipe nationale ne comptait sur place qu’un coach novice et une physiothérapeute pour guider nos troupes vers la victoire.

Encore une fois, le constat est criant et à l’heure de tirer des conclusions de cette épopée hongroise, nous tenions définitivement à scinder la critique qui peut être faite aux joueuses d’une part et à la fédération d’autre part.


Un échec de plus pour Swiss Basketball


Comme évoqué en introduction de cet article, on espérait de tout cœur que cette coupe du monde pourrait nous faire oublier, le temps de quelques minutes tout du moins, cet été horibilis que nous avons vécu.

Au final, ce fiasco à Debrecen vient s’ajouter à la longue liste des déceptions de notre basketball suisse sur la scène internationale dernièrement et pour probablement se placer en tête de celle-ci.


En effet, notre tristesse est d’autant plus grande que cette compétition était annoncée comme une priorité de SWB.

Nous savons que le Directeur Technique de la fédération, Erik Lehmann, a plusieurs fois annoncé que la Coupe du Monde U18 de 3x3 était un objectif important pour Swiss Basket avec la volonté affichée de réaliser le meilleur résultat possible.

Au final, nous constatons une accumulation terribles de couacs qui ont amené nos vaillantes joueuses à subir ces telles déroutes.

L’absence de préparation, la nomination d’un coach novice et le timing géré de manière catastrophique...toutes ces raisons ont (in)directement vouées notre équipe nationale vers un échec qui était fatalement inévitable.


Car au final, nous tenions à adresser nos derniers mots à Amélie, Maurane, Indira & Odéa.

Bravo mesdames de vous être battues avec force et détermination malgré tout le contexte délétère dans lequel vous évoluiez.

Vous avez fait de votre mieux malgré le jeu des blessures et l’amateurisme de nos dirigeants.

Alors oui, on a souffert avec vous pendant ces deux rencontres tant l’écart nous séparant des autres nations était abyssal mais nous ne pouvons aujourd’hui vous en vouloir d’être allé au front armé d’une seule rose à la main.


Alors je terminerai avec ces quelques considérations personnelles...

Auteur du dernier article sur l’été noir du basket suisse, je tiens à vous témoigner de la manière la plus sincère possible la tristesse et la peine qui furent la mienne à l’heure de rédiger ces deux papiers en tant que fan éperdument amoureux du basket suisse.

Mais cet amour inconditionnel ne doit en rien omettre la nécessité de vous informer lorsque nous considérons, avec l’ensemble de la rédaction du Cinq Majeur, qu’il est nécessaire d’alerter et de mettre le doigt sur des sujets qui sont primordiaux.

Notre basketball connaît actuellement une période creuse et ce depuis plusieurs années et il est désormais l’heure de l’introspection et de la remise en question.

Au final, nous sommes en droit d’espérer que nos dirigeants feront tout ce qui est en leur pouvoir pour ne plus reproduire les erreurs commises, notamment sur cette compétition, afin de faire grandir notre sport.


Les déceptions s’accumulant et à l’aube d’une année électorale, ces sujets prennent une résonance toute autre et il est tout à fait légitime de demander à nos chers dirigeants pourquoi nous avons « envoyé nos jeunes joueuses au casse-pipe à Debrecen »  de la sorte ?


Réponse au prochain épisode...

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