top of page
  • Instagram
  • Twitter Icône sociale
  • Facebook Social Icône
  • Youtube
  • Spotify Icône sociale

L’été noir du basketball suisse sur la scène internationale

L’an dernier, suite aux fins de saisons prématurés à travers la planète basket, Covid-19 oblige, nous avions connu un été vierge de toutes compétitions internationales, à notre plus grand dam.

Nous avons donc pris notre mal en patience et avons ainsi pu nous régaler d’un olympic summer de toute beauté.

L’été 2021 touche tout gentiment à sa fin et il est bien évidemment l’heure de tirer certains bilans de notre basketball suisse adoré au travers des résultats de nos représentant(e)s sur ces dernières semaines mais pas que...


Petite alerte teaser... sortez les sirops, ça va tousser très fortement !

L’équipe U20 féminine restera une des rares satisfactions de l’été (© : FIBA)

FIBA 3x3


Introduit au programme olympique de cette édition nippone, le FIBA 3x3 a connu un été comme il en avait rarement vu avec une exposition médiatique de tout premier ordre qui lui a permis de se faire connaître aux yeux du monde entier.

On espérait dès lors que notre équipe nationale féminine allait pouvoir faire partie du wagon en disputant le Tournoi de Qualification Olympique qui se déroulait à Graz en Autriche. (L’équipe nationale messieurs n’avait pas eu cette chance en loupant le coche pour disputer le TQO)

Après des débuts encourageants, la Team « Niaque » butait en 1/4 de finale face au Japon, qui allait accueillir l’évènement quelques semaines plus tard.

Une grosse déception certes pour les joueuses de Caroline Turin, catapultée coach de l’équipe juste avant l’échéance autrichienne mais qui nous donnait beaucoup d’espoirs pour les Qualifiers de la prochaine Europe Cup de 3x3.

À Tel Aviv, nos deux équipes nationales livraient un premier tour parfait avec 3 victoires chacune avant de sombrer toutes deux lors de leur rencontre décisive.

L’Israel et la Belgique étaient les bourreaux du jour et le constat était cruel et sans appel: nous n’aurons aucun représentant lors de ce championnat d’Europe tout comme en 2019.


Au final, même si l’élimination des filles lors du TQO n’a rien d’indignante, la double claque reçue à Tel Aviv nous laisse sur notre fin avec cette déception de ne pas voir nos deux équipes nationales surfer sur l’engouement suscité par les JO, qui plus est à Paris, sur l’esplanade du Trocadéro avec la Tour Eiffel en fond.

Une publicité de nouveau splendide pour cette merveilleuse discipline mais dont ne bénéficiera malheureusement pas nos équipes suisses.


Dommage, vraiment dommage...


FIBA EUROPEAN CHALLENGERS


Revenons au 5x5 avec nos équipes nationales jeunes qui, privées de compétitions l’été dernier, retrouvaient donc les parquets européens avec l’enchaînement habituel des FIBA European Challengers dans chaque catégorie d’âge...

Et là encore, le constat final est d’une réalité consternante pour nos jeunes espoirs !


Hormis le beau parcours de l’équipe féminine U20, portée par sa génération dorée (Chardon, Holzer, Schwarz & Cie) et emmené par Romain Gaspoz aux commandes, qui a su glaner une belle deuxième place dans son groupe, le bilan est plus que décevant pour nos équipes nationales.


Du côté des garçons qui évoluaient malheureusement pour chacune des compétitions dans le groupe 19-25 de la FIBA Europe (réunissant les équipes hors du Top 18 européen), nous avons du nous contenter au mieux de la 3ème place de l’équipe U20 à Sopron en Hongrie.

Une troisième place finale dans un tournoi international, ce n’est pas rien... mais au vu de l’adversité rencontrée, nous pouvions espérer beaucoup mieux des troupes de Gianluca Barilari, installé headcoach du groupe le temps de cette compétition.

Concernant les équipes U18 & U16, la Suisse terminait à chaque fois bonne dernière de son groupe avant de se battre pour les places d‘honneur avec une triste 6ème place pour les U18 d’Orlando Baer et un 7ème rang tout aussi décevant pour l’équipe U16 en Bulgarie avec notamment ces 2 gifles monumentales reçues en phase de groupe (vs Portugal & Ukraine).


Dans les rangs des filles, hormis la satisfaction des U20 de Romain Gaspoz évoquée ci-dessus, nous pouvons tirer le même constat que chez les garçons avec des résultats en demi-teinte de la part des equipes U16 & U18.

Notons tout de même les quelques belles prestations de l’équipe U16 qui méritait mieux que sa 4ème place finale dans son groupe avec une équipe bien dirigée par le coach français, Julien Mahé, connu pour ses fonction du côté de l’Elan Chalon.

Quoi qu’il en soit, ces deux dernières sélections, catapultées dans le Groupe D de leur tournoi respectif, se devaient de faire mieux face à l’adversité présente en face.


Un bilan chez les jeunes qui suscite forcément des questions


Au final, le bilan de nos équipes jeunes est assez sombre et cruel.

Certes, le format des tournois féminins a permis à nos équipes de réaliser plus de rencontres que chez les garçons de par le nombre inférieur d’équipes inscrites.

Cependant, nous aurions pu espérer, à l’instar du Portugal chez les U18, terminer première d‘un de nos Groupes et ainsi tenter de remporter une des compétitions disputées par nos joueuses.


Il n’en fut rien et si nous avons le malheur de nous pencher sur les résultats des garçons, la pilule est encore plus dure à avaler.

Exclue du Top 18 européen, la Suisse pouvait et devait nourrir de sérieuses ambitions dans le groupe 19-25 de la FIBA, à commencer par l‘équipe U20 qui avait tellement de possibilités de faire mieux que cette 3ème place finalement obtenue.

Cependant, les échecs s’accumulèrent chez nos boys avec des éliminations précoces et des défaites plus que sévères comme celles encaissées par les troupes de Vlad Buscaglia qui dirige l’équipe U16.


Le premier constat que nous pouvons d’ores et déjà établir est celui du manque de continuité criant dans le travail de nos jeunes équipes nationales, comme souvent évoqué dans nos différents articles.

Nous ne remettons pas en cause le talent des Barilari, Baer, Léon Sedano ou bien autres Gaspoz qui connaissent suffisamment le haut niveau en SBL, que ce soit chez les filles comme chez les garçons.

Nous regrettons simplement qu’aucun travail ne soit fait sur la continuité pour par exemple, installer un même staff pour une catégorie d’âge déterminée.

Accompagner une génération des U16 jusqu’aux compétitions U20, voila déjà le premier objectif réalisable pour notre basketball suisse si nous voulons espérer lutter dans les années à venir dans ce genre de RDV.


Car soyons réalistes: nommer un staff technique à la dernière minute (comme ce fut le cas cet été pour beaucoup de sélections) ne pourra jamais nous permettre de créer les conditions propices au succès et quelle que soit la discipline voulue. L’exemple de la nomination expresse (et très courte) de Caroline Turin à la tête de l’équipe nationale de 3x3 en est le parfait symbole.

Joint par le Cinq Majeur, certains techniciens en place cet été regrettent le manque de continuité et de stabilité permettant de mettre en place de véritables projets sportifs.

Ces derniers seront-ils toujours en place lors des prochaines échéances ? La question est toujours en suspense et reflète bien le flou dans lequel s’embourbent nos équipes jeunes.


Nous aurons le temps également, dans de futurs papiers, d’aborder l’épineuse question de l’identité de jeu voulue pour notre basketball tant nous avons manqué de créativité et de constance sur l’ensemble de ces compétitions. Mais au final, peut-on véritablement reprocher aux staffs techniques en place le manque d’idée criant dans le jeu de leurs équipes respectives au vue du si faible temps passé à la tête de leurs sélections ?


Malheureusement, la réalité actuelle est la suivante : la Suisse se retrouve aujourd’hui à la lutte avec le Luxembourg, la Macédoine du Nord ou encore l’Irlande et sans manquer de respect à ces sélections, nous devrions faire beaucoup mieux.


Toujours à titre de comparaison, le Portugal, qui était largement à la traine il y a une décennie de cela, voyait toutes ses équipes jeunes masculines disputer les tournois réservés au Top 18 cet été.

Peu de victoires à clé certes, mais des confrontations contre le Top niveau européen tel que la France, l’Espagne, la Lithuanie ou encore l’Italie.

De quoi faire progresser à vitesse grand V vos jeunes troupes afin de venir alimenter dans le futur la sélection sénior de l’équipe qui en a profité également pour se qualifier pour la phase finale des FIBA World Cup Qualifiers, à l’inverse de la Nati.


Car terminons par le sujet qui fâche avec l’élimination de l’équipe masculine sénior, dirigée désormais par Ilias Papatheodorou.


FIBA WORLD CUP PRE-QUALIFIERS


La nomination du technicien grecque faisait naître beaucoup d’espoirs pour ce groupe qui nous avait tant fait vibrer lors des Qualifiers pour le prochain EuroBasket avec cette victoire historique face à la Serbie.


La patte Papatheodorou se faisait très rapidement sentir avec une véritable identité défensive qui commençait à s’installer au fil des rencontres amicales disputées.

Cependant, le sort s’est de nouveau abattu sur la Nati avec une élimination cruelle au point-average suite à la très large victoire de la Slovaquie lors de la dernière journée face à la Macédoine.

Résultat des courses: malgré le bilan plus qu’honorable de 2 victoires pour 2 défaites, la Suisse payait sa fin de match cata contre la Slovaquie après avoir pourtant mené de 22 points lors de la deuxième mi-temps.


La Nati se retrouve donc éliminée précocément et devra rapidement se tourner vers les Qualifiers du prochain EuroBasket pour construire un véritable projet autour du technicien hellène.


Car au final, que ce soit en 3x3 ou chez nos équipes nationales, cet été cuvée 2021 fut tout sauf une grande réussite pour le basketball suisse qui donne l’amère sensation de stagner, année après année.


Quels progrès pour le Basket Suisse ?

Quand nous voyons l’évolution de certains pays sur la décennie écoulée, nous ne pouvons que nous lamenter de ne pas voir de véritables progrès dans bon nombre de secteurs.

Certains épiphénomènes viennent clairement jouer le rôle de l’arbre qui cache la fôret (ou le désert plutôt) et les manquements cruels que nous affichons actuellement.


Jugez-donc:

  • Oui, nous avons aujourd’hui la chance d’avoir la Team Lausanne-Sport comme fer de lance de notre basket 3x3. Cependant, reconnaissons le mérite aux joueurs dans cette réussite qui ne peut venir masquer le constat terrible qui est le nôtre: depuis 2019, aucune équipe Suisse n’est présente au Championnat d’Europe de la discipline. Dans une période post-Tokyo 2020 qui verra sans doute l’essor de ce sport, la Suisse a clairement loupé le coche et devra réfléchir sur les manières de mieux préparer nos joueuses et joueurs pour les compétitions à venir, à commencer par des staffs techniques propres aux équipes de 3x3.

  • Chez nos jeunes, les belles prestations de l’équipe féminine U20, portée par un staff à fière allure (Gaspoz entouré de la doublette Turin-Temelso) et une superbe génération de talents, ne pourront venir effacer les résultats décevants du reste des équipes jeunes helvétiques. Face à des adversaires largement à leur portée, les équipes suisses, notamment masculines, ont sombré lors des rencontres décisives et terminent avec un bilan très négatif qui vient clairement remettre en question l’état actuel de la formation de nos meilleurs éléments. Le Centre National de Performance sera, sans doute, un outil important pour améliorer le niveau de nos catégories jeunes, à commencer par les garçons qui ont fortement déçus cet été. Ce centre ne pourra cependant pas résoudre tous les maux qui rongent notre basketball suisse à commencer par le manque de vision sur le moyen-long terme.

  • Pour terminer, l’étendard de notre basketball nationale, la Nati, pouvait tenter de faire oublier ces semaines plus que laborieuses avec l’arrivée de Papatheodorou sur le banc de la Nati. Ne nous trompons pas, sa venue est une véritable bénédiction pour l’évolution de notre équipe masculine sénior mais cette élimination si cruelle nous ramène aussi à la triste réalité de notre basketball : la matière première dont a à disposition le technicien grecque est plus que limitée et il faudra énormément de temps pour voir les fruits du travail de Coach Ilias. Sa venue ne peut en aucun cas servir de cache-misère face au manque de relève à venir et à l’ensemble des problèmes évoqués précédemment.

What’s next ?


Dans cette année d’élection à la tête de Swiss Basketball, nul doute que la question de la formation sera au centre des débats et il faudra dès lors se poser les bonnes questions.


Pouvons-nous continuer avec le modèle en place et voir irrémédiablement notre basketball chuter sur l’échiquier européen ?

À lui-seul, le Centre National de Performance, qui verra le jour cette année avec les garçons, pourra-t-il combler les lacunes criantes dans notre fonctionnement actuel ?

Doit-on envisager d’enfin responsabiliser les clubs de SBL dans la formation de nos futurs talents ou alors privilégier les catégories d’âge de 13 à 16 ans pour espérer obtenir de meilleurs résultats dans les années à venir ?


Ces questions restent toujours aujourd’hui sans réponse et on espère que cet été 2021 sera de l’histoire ancienne et permettra au basketball suisse de se regarder dans le miroir afin d’opérer le nécessaire travail de remise en question pour ne pas s’enliser dans cette spirale négative.


Ca sera là l’objectif de nos dirigeants dans les mois et années à venir afin d’un jour peut-être caresser ce doux rêve de voir briller la Suisse sur les plus grandes scènes internationales dans le futur.


L’espoir fait vivre dit-on...

 
 
 

コメント


bottom of page