Imad Fattal, clap de fin sur 12 ans de Présidence à Genève
- David Pinto
- 23 mars 2022
- 6 min de lecture
C’était la véritable bombe de ce Mardi 22 Mars sur la planète Swiss Basket… de celles qui ont un impact majeur et une résonance accrue dès leur annonce.
Imad Fattal, le Président emblématique des Lions de Genève se retirera officiellement de ses fonctions à l’issue de cette saison 2022.
Une année qui restera définitivement dans l’histoire du club genevois comme sa plus mauvaise saison en terme de résultats et qui sera donc associée désormais au clap de fin d‘une épopée de 12 ans sous la houlette du Président Fattal qui aura amené les Lions au firmament du basketball helvétique.
C’est à travers un communiqué de presse publié sur son compte Facebook puis repris par les Lions de Genève qu’Imad Fattal annonçait la fin de son aventure à la tête du club genevois à l’issue de cette saison 2022.
Une page importante de sa vie et de celles des Lions de Genève qui se tournent donc et qui a démarré en 2010 lors de la création du club à l’issue de la fusion entre le Grand-Saconnex Basket et les Geneva Devils.
Agé d’à peine 27 ans, ce jeune avocat genevois, qui avait écumé les parquets suisses dans sa jeunesse, s’était alors fixé deux objectifs: rendre à ce sport tout ce qu’il avait apporté au jeune Imad & redonner au basket genevois ses lettres de noblesse.
Fraîchement intronisé 1er président de l’histoire des Lions de Genève, Imad Fattal rencontrait très rapidement un succès sportif hissant le club romand au niveau des ogres de l’époque: Lugano, Monthey & autres Fribourg notamment.
Sous les commandes du coach français Michel Perrin, de Nebojsa Lazarevic puis de l’emblématique Ivan Rudez, les Lions bâtissaient leur succès autour de joueurs du cru (Jaunin, Buscaglia, Agbavwe, Steinmann, Louissaint) accompagné de talents étrangers qui auront marqué l’histoire de la SBL (Tony Brown, Andrej Stimac, Babacar Touré, Jules Aw & Juwann James entre autres).
Les résultats étaient dès lors rapidement au rendez-vous avec une toute première qualification pour le Final Four de SBL Cup en 2011 ou bien cette finale de championnat en 2012 perdue lors du match décisif face à l’ogre Lugano, après avoir éliminé au tour précédent le BBC Monthey d’un certain Petar Aleksic.
Il ne manquait alors aux Lions qu’un titre, le tout premier de la jeune histoire du club, pour valider définutilement ce si beau projet démarré sous la Présidence d’Imad Fattal.
Et ce dernier ne tardait pas à arriver puisqu’en Mars 2013, à l’issue d’une finale remportée après prolongation face à Benetton Fribourg, les Lions de Genève soulevaient leur toute première SBL Cup venant ainsi garnir leur armoire à trophées qui allait très vite se remplir lors des mois à venir.

L’âge d’or des Lions
Car une fois cet objectif si précieux atteint, plus rien de semblait arrêter les genevois qui allaient asseoir leur domination sur le basketball helvétique dès cette même année 2013.
Face au triple tenant du titre tessinois, les Lugano Tigers menés par Randoald Dessarzin, les Lions de Genève allaient remporter leur tout premier championnat en réalisant au passage le doublé SBL Cup-SBL au terme d’un Game 5 rentré dans la légende du club avec notamment ce match XXL d’un certain Andrej Stimac (actuel coach de l’équipe genevoise) dans un Pommier en fusion (+ de 2800 spectateurs).
3 ans à peine après sa création, les Lions devenaient les rois de la Jungle et allaient collectionner les trophées dans les saisons qui suivèrent.
Une première Coupe Suisse en 2014 puis un nouveau doublé SBL Cup-Championnat en 2015… tout souriait au Président Fattal qui avait en quelques années créer un véritable mastodonte du basketball suisse sous la houlette d’un coach emblématique, Ivan Rudez.
La rivalité avec Fribourg Olympic
Durant ces années fastes et remplies de succès, le Président des Lions de Genève allait voir débarquer un nouveau dirigeant sur les bords de la Sarine et qui allait faire du club pensionnaire de St Léonard, l’éternel et grand rival des Lions.
Après 3 saisons marquées par la domination des Lions de Genève, Fribourg Olympic allait revenir sur le devant la scène pour nous offrir des batailles mémorables avec son ennemi préféré genevois.
Imad Fattal vs Philippe de Gottrau : les deux présidents des clubs les plus importants du basket suisse se livraient alors un duel de longues haleines marqué notamment par le va et vient incessant de joueurs entre St Léonard & la salle du Pommier.
Cependant, sous les ordres de Jean-Marc Jaumin (débarqué de Lugano pour remplacer Ivan Rudez) puis de Vedran Bosnic, les Lions de Genève allaient systématiquement buté en championnat (et très souvent face à Fribourg Olympic) pour se consoler sur les coupes nationales.
Néanmoins, comment ne pas mentionner cette victoire qui constitue à coup sûr le plus beau souvenir du Président Fattal, comme ce dernier nous l’a si souvent confié.
Lors de la 75ème édition de la Coupe Suisse dont la finale s’est déroulée à l’Arena de Genève devant plus de 5000 spectateurs, les Lions remportaient un trophée sur leur terre après une remontée fantastique face au BBC Monthey.
Ce titre, qui d’ailleurs sera suivi d’une nouvelle Coupe de la Ligue en 2019 puis d’un énième doublé en 2021, aura été le point d’orgue de cette décennie marquée par la domination genevoise et celle de son Président sur le basketball helvétique.
Une fin à bout de souffle
2021… parlons-en tant cette année aura été charnière dans l’histoire du club et marqua d’une certaine manière le début de la fin de l’épopée Fattal à la tête du club.
En effet, après l’arrivée d’une ancienne légende sur le banc (Andrej Stimac) et au prix d’un recrutement XXL, les Lions de Genève semblaient retrouver leur domination d’antan en écrasant tout sur leur passage et en s’adjugeant même un doublé inédit dans l’histoire du club (SBL Cup & PB Swiss Cup) en venant à bout à chaque fois de leur rival adoré fribourgeois.
Cependant, l’élimination tragique au 1er tour des Playoffs face aux Starwings allait être la fin du compte de fée et le début du cauchemar pour les Lions.
Après l’exode massif des joueurs de l’effectif et du sponsor historique et principal du club (Genève Aéroport), la loi de Murphy allait s’abattre inéxorablement sur le Pommier mettant un frein brutal au grand rêve du président Fattal : voir ses Lions représenter la Suisse sur la scène européenne.
S’en est suivi un recrutement en deçà des attentes placées sur les Lions de Genève et la saison actuelle que l’on connaît: la plus mauvaise en termes de résultats pour le club qui occupe une bien triste 5ème place au classement.
Face à cet enchaînement quelque peu tragique, on sentait dès lors un Président essoufflé et en fin de parcours comme ce dernier a pu le confier à nos confrères de la Tribune de Genève:
Il est vrai que je ne me sens pas aujourd’hui avec l’énergie nécessaire pour remonter le courant et remettre les Lions à la position qui doit être la leur dans le haut du tableau. Parce que je sens que je n’ai plus cette force, je ne veux pas causer du tort à mon club et je préfère me retirer. J’estime ne plus être l’homme de la situation.
Imad Fattal à La Tribune de Genève
Après avoir mûrement réfléchi sa décision depuis de nombreux mois, le dirigeant emblématique des Lions tirera donc sa révérence après 12 ans de présidence et avec un style “Fattal” qui lui restera collé à la peau.
Authentique, passionné et véritable personnage atypique du basketball suisse, Imad Fattal aura été un Président omniprésent, voire même trop présent pour certains et qui aura marqué de toute son empreinte l’histoire des Lions de Genève.
Il laisse donc derrière lui un club désormais phare et emblématique du championnat suisse et en quête d’une nouvelle histoire que se devra d’écrire son successeur.
L’identité de ce dernier sera d’ailleurs prochainement dévoilée par le club mais selon les déclarations du président Fattal lui-même, celui-ci réunit toutes les qualités pour être aussi bon, voire encore meilleur que lui !
C’est tout le mal qu’on souhaite aux Lions dans cette nouvelle ère qui se dessine devant eux.
Merci Imad, merci…
Quant à Imad Fattal, nous ne pouvons que lui souhaiter bon vent après tant d’années de bons et loyaux services dans le seul objectif de faire grandir le basketball genevois et suisse.
Personnage décrié par certains, adoré par d’autres, il restera et de manière indissociable l’homme fort qui aura permit aux Lions de Genève d’être ce qu’ils sont aujourd’hui.
Merci Président pour tout le travail accompli tout au long de ces 12 belles années… C’est avec émotion qu’on suivra vos derniers pas à la tête du club, vous qui avez tant œuvré pour nous aider lors de la création du Cinq Majeur.
Première interview réalisée par Florian & moi-même dans votre étude à Genève… première LCM Bomb… premier dirigeant à nous ouvrir grand les portes du club et à nous encourager dans le développement de ce qui est aujourd’hui, le 1er média consacré au basketball suisse ! Tout comme les Lions de Genève, votre présidence sera à jamais lié aux grands débuts du Cinq Majeur.
Bonne chance donc pour la suite de vos projets, profitez bien de vos proches et de votre famille que vous avez tant sacrifié pour endosser ce costume de Président qui vous allait à merveille et à très bientôt dans les tribunes du Pommier…
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