Vous ne faites pas partie des privilégiés qui ont pu se rendre à Fribourg et vous avez dû vous contenter d’observer le match sur votre télévision? Le Cinq Majeur se trouvait sur place et vous raconte tous les détails que vous avez peut-être manqués depuis votre canapé, comme si vous y étiez.

Beaucoup de choses se sont dites derrière les masques lors de cet acte I, mais nos oreilles n'étaient pas bien loin (©Siriane Davet, Le Clic Sportif).
Qu'il y ait cinquante ou mille personnes présentes, qu’importe. La température de la salle ne descend pas (au sens propre: si un thermomètre était présent, il aurait sans doute dépassé la barre des trente). Le «sauna» de St-Léonard était prêt à accueillir le premier acte de la finale des play-off de SB League entre la surprise bâloise et les favoris fribourgeois, qui a vu ces derniers l’emporter aisément. Ces quarante degrés ressentis (sauf pour notre camarade Florian, qui n’a pas lâché sa veste de toute la rencontre) ont eu une incidence sur certains spectateurs: ceux qui avaient pris la décision d’enfiler une chemise et qu’ils l’ont sans doute amèrement regretté plus tard (assurément qu’à la fin du match, on pouvait trouver plus d’auréoles au rang 5 que sur un tableau dépeignant la Cène). Et pourtant, on en vient à regretter la «véritable» fournaise fribourgeoise, celle qui explosait il y a deux ans lorsque ses pensionnaires venaient à bout des Lions de Genève au terme d’une série alléchante. Mais assez de nostalgie et revenons à nos moutons en temps de pandémie, tout en restant dans le lexique de la chaleur.
Your defense is terrified, Starwings is on fire (for five minutes)
Car le match a commencé (après le traditionnel «Olympic! Olympic!» scandés par les supporters fribourgeois, debout jusqu’au premier panier de leurs protégés) avec une formation bâloise en feu. Preuve en est, celle-ci n'a même pas pu supporter la présence d’une bouteille d’eau sur une table de presse et n'a pas hésité à la faire voler au loin en mettant le ballon en touche, après à peine 1’30 de jeu. Toute la délégation bâloise (les joueurs et les sept supporters qui ont fait du bruit durant l’intégralité de la rencontre) encourageait son équipe et s’est même levée d’un seul homme au moment de la première faute sifflée contre Fribourg Olympic.
Mais la douche froide est rapidement arrivée pour Starwings. Fribourg se réveillait et un supporter avec une chemise blanche (que nous retrouverons par la suite) a été le premier à se mettre debout après un tir primé de Morris.
Le premier quart a encore été marqué par l’intervention du speaker, qui a rappelé à l’ordre un photographe un peu trop intrusif, et l’action d’un autre supporter d’Olympic, qui ne s'est levé qu’à moitié de son siège sur un tir de Zinn.
«Je suis c*n»
La seconde période a été marquée (de notre point de vue, qui n’est pas forcément celui du jeu) par un joueur en particulier: Arnaud Cotture. Bien qu’avec ses 2m03, l’intérieur valaisan est surtout visible par les yeux, c’est au niveau auditif qu’il s’est fait remarquer dans ce deuxième quart. Tout d’abord il s’est écroulé deux fois en l’espace de quelques secondes et le bruit de son corps a retenti dans toute la salle (heureusement, plus de peur que de mal). Le Top Scorer fribourgeois a ensuite donné les consignes à son coéquipier qui s’apprêtait à faire la remise en jeu dans son camp alors que lui-même se trouvait… dans la raquette opposée. Pas sûr qu’avec une salle comble, cela aurait été possible. La limitation des spectateurs a donc certains avantages mais possède bien plus d’inconvénients. Comme lorsque, quelques minutes plus tard, ce même Arnaud Cotture a lancé un «Je suis c*n» à haute voix (heureusement, peu de jeunes oreilles étaient présentes à St-Léonard hier soir), invective à laquelle Sébastien Clivaz, arbitre de la rencontre, répondra un honnête «C’est vrai».
Toujours auditivement, ce deuxième quart nous aura fait voyager dans des pays anglophones et aura vu (ou entendu plutôt), coup sur coup, le staff d’Olympic tenter de lancer des «Defense! Defense!», en vain, notre supporter fribourgeois à la chemise blanche murmurer «Yes, yes!» au moment d’une tentative ratée à trois points d’Arnaud Cotture (ah, la perspective) et le silence de cathédrale (brisé parfois par la voix de notre confrère de Radio Fribourg) à chaque fois qu’un Fribourgeois se présentait sur la ligne des lancers-francs.
Avant le retour aux vestiaires, il faut noter que le double de supporters fribourgeois (1x2=2 pour ceux qui n’ont pas suivi) s'est levé sur un dunk de Cotture et que, sur le buzzer, Robert Zinn a raté son lancer mais que Florian Jas a tout de même bondi hors de sa chaise.

Arnaud Cotture s'est beaucoup fait entendre à St-Léonard hier soir (©Siriane Davet, Le Clic Sportif).
Une deuxième mi-temps plus calme
Plus le match avançait, moins d’événements particuliers se produisaient. Petar Aleksic a fait rire une partie de la foule en tentant de la haranguer (l’entraîneur de Fribourg qui amuse la galerie en finale, cela doit bien être une première) tandis que son homologue Dragan Andrejevic décidait plutôt d'hurler sur ses joueurs pour la première fois de la rencontre.
Sur le terrain, le capitaine bâlois Kostic a chaleureusement été applaudi par les gradins fribourgeois lorsqu’il est entré en jeu et un supporter fribourgeois a balancé un «joli» lors d’une action de l’équipe adverse (un compliment qui, tout le monde le sait, est bien plus facile à faire quand son club fétiche mène de trente points que quand il court après le score).
Arnaud Cotture a également refait quelque peu le show en seconde période: sa passe pour Gravet (qui s’était déplacé) a terminé hors du terrain et le Top Scorer en est resté statique de longues secondes, en désignant l’endroit où, à son avis, son numéro 6 aurait dû se trouver; il a aussi donné de la voix après avoir réalisé un marcher, en s’adressant à ses coéquipiers: «Move! Do something!».
Le match s’acheminant gentiment vers son terme et l’issue ne faisant plus aucun doute, les deux personnes assises non loin de moi ont préféré regarder des vidéos sur leurs téléphones (un conseil pour la prochaine fois: enlevez le son si vous souhaitez être discrets). La dernière action dans les gradins aura finalement lieu à quelques secondes du coup de sifflet final. Une personne A s'est levée tout en continuant à applaudir son équipe. La personne B, pensant que le moment était arrivé d'offrir une standing ovation méritée à Fribourg, l'a suivie à son tour. Le problème est que la personne A bougeait uniquement pour partir. La personne B, se rendant compte de son erreur, a fait semblant de remettre son t-shirt en place et s'est rassise. Bien que le geste pour se sauver était extrêmement fluide, il n’a pas échappé aux yeux avertis du Cinq Majeur, qui sait toutefois relever la prouesse de la personne B, qui n’aura finalement été grillée que par 0,5% des personnes présentes dans la salle.
Après le match, alors que la plupart des spectateurs était déjà partie, vos podcasteurs préférés ont pris possession du parquet de St-Léonard pour s’entraîner aux tirs. La règle d’or dans notre rédaction pourrait se résumer par: «pas de bashing» (ou, «pas de critique» pour les amoureux de la langue française). Mais autant vous dire que la réussite était plus présente lors de la finale de SB League que lors de celle du Cinq Majeur. Si vous souhaitez admirer la prestation de Florian et David, la vidéo se trouve ci-dessous (les insultes ont toutefois été censurées, la rédaction du Cinq Majeur ne souhaitant pas ternir l'image d'une de ses figures de proue).
Matthias Davet
Florian "Stephen Curry" Jas? Pas encore.
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